La citation de la semaine

"Si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé" (attribuée à différents auteurs)

mardi 17 décembre 2013

Osons le bonheur 2

Pour ceux qui seraient un peu difficiles et auraient besoin d'un coup de pouce...

En même temps, on peu comprendre, hein!




lundi 16 décembre 2013

Osons le bonheur

Non, non, non, trois foies non, Rétrovirus n'est pas que le repère de pseudo-rebelles régulièrement éthanolisés, fonctionnarisés, vieillissants et aigris. Rétrovirus c'est la joie, Rétrovirus c'est la jeunesse du monde, l'horizon indépassable de notre temps, l'alpha et l'omega, le fromage et le dessert, le bonheur de l'instant,  la vie. Pour preuve, Rétrovirus offre à ses milliards d'internautes ce chemistree en leur souhaitant un Happy Noel

Pour les sceptiques et les moroses, voici en prime 10 heures de bonheur à l'état pur :


Sur les épaules des géants: Episode III


Les grincheux diront que c'est flou et que c'est de l'humour Canal mais quand même.

mercredi 4 décembre 2013

Rébus


    Il faut trouver une comptine de notre enfance...

C'est le frère de Gérard ?

Rétrovirus le blog de la subversion totale (hébergé par Google)  publie le cri déchirant d'un authentique artiste. Les biens pensants vont trembler dans leurs frocs.

mardi 5 novembre 2013

Quelqu'un a poété ?

Moi, moi, Msieur. J'accuse.



Il faut avoir le désespoir photogénique.
Pour en parler dans les salons.
Communiquer au petit matin
Sur les angoisses de ses nuits.
Faire bonne figure le lendemain.
Certains y arrivent mieux que d’autres.
Une affaire de charisme, je suppose.
Pseudo-rebelles ou suceurs de bites,
Notre ère est aux communicants.

mardi 29 octobre 2013

Week End Sage




   Week-end prolongé dans la capitale de la sagesse. Prolongé mais incognito :

 Bon-jou-euh !


   Incognito supremissimo :




    Que résumeront trois phrases géniales et simples à la fois :

"Thats your fucking job."

"Can you make the poirier ? "

"Le double fist avant dimanche soir."


   Allez une dernière illustration pour le plaisir avant dodo :


   Bin voilà, à bientôt pour d'autres aventures très sages.




lundi 28 octobre 2013

Sad day


Il n'y aura plus de nouveau Transformer, plus de nouveau Berlin, plus de nouveau Songs for Drella. Ca ne sera plus pareil d'écouter Transformer, Berlin, Songs for Drella. Sad day.

mardi 22 octobre 2013

Retrocristoc





Que le holly god nous croque
 Que le grand croix nous foque
Que le rhésus cristoque








mardi 8 octobre 2013

Kikidonk ?






     Retroviruss se meurt, passe ke ses membres créatifs y font rien qu'à rester dans la vraie vie-euh ! Mais dieu merki, moi ki me meurt et qu'en plus rien à fou-treuh, bin je fais vivre le Rétroviruss à coups de martal.
     Si vous aimez la bonne musique anglo-saxonne, mais que vous voulez vibrer dans la langue et l'esprit de votre naissance, oyez :







     Ya plein d'autres pépites inoubliableuls là : (clic clic sur le lien !)

http://www.georgesmichel.ch/georgesmichel.ch/Accueil_.html




lundi 23 septembre 2013

vendredi 30 août 2013

Grossebille, Nul and Tâche (épisode 4)

 

Au détour du chemin, les charmes musicaux de la Roumanie ont fait effet...

Laissons le charme agir!

 
 
 

jeudi 29 août 2013

mercredi 14 août 2013

Petit poney !




   Regrettant mon dernier post hybride de dérision volontaire et d'humour involontaire, je glisse en tant qu'excuse cette merveilleuse aubade qui égaiera l'humanité titubante :


dimanche 4 août 2013

En première mondiale: Grossebille, Nul and Tâche!!

(Version 1)

 

 

 

L'art n'a pas de limite...

On le savait déjà, c'est la raison d'être de Rétrovirus!



mardi 18 juin 2013

Le retour de l'enfant handicapé.

Vous avez été des milliards à vous émouvoir après la publication de 'L'enfant handicapée" sur Rétrovirus. Nous sommes donc extrêmement fiers de vous proposer la suite de l'oeuvre. L'enfant a gagné la Belle Province et rencontré un camionneur... On redoute le pire mais si vous êtes capable de supporter jusqu'au bout ce qui peut-être objectivement considéré comme la chanson la plus chiante de l'histoire (vous allez perdre 6m 01s de votre existence et vous rapprocher d'autant de votre trépas, c'est vous qui voyez), vous découvrirez ce qu'il advint du petiot...

mardi 11 juin 2013

On se culture toujours pluss !




   Quoi qu'en dise Göring, on parle Culture sur retroviruss, on parle que de ça d'ailleurs, tout de suite, là :





Alors on dit quoi ? Dans le cuss, Aristophane ! Voilà.

lundi 10 juin 2013

lundi 3 juin 2013

A fond le coeur !






Que tu sois alligateur ou chanteur
Voleur ou serial défenestreur
Va-z-y de tout ton coeur !


En vla dla pub, en vla !
...



Bon plus sérieusement, du vrai cinus :



samedi 1 juin 2013

Let's get serious


Le dynamisme des forces de l'ordre turques ne s'est pas émoussé malgré des années de bons et loyaux services. En témoignage, cette superbe action aujourd’hui même (un tacle à la carotide d'une grande qualité technique et chorégraphique) d'auto-défense de courageux gardiens de la paix stambouliote.
Acil demokrasi !!!

Petites explications :



Acil demokrasi !!! (prononcez adjil democratie (mais pas trop fort si vous êtes à Istanbul): ça veut dire La Démocratie, vite !!! ) vielle chanson (très moyenne d'un point de vue musical) de bulutsuzluk ozlemi 



mercredi 29 mai 2013

La poésille n'est pas morted





     Rassurés, nous sommons, car l'amour inspire la jeunesse aujourdhuite, et cela bien davantage qu'elle inspirait ces quadrupèdes quaqu'hétéros de Paul Eluard et autres Apollinaire de Médeux.




vendredi 24 mai 2013

Chuck, Poudreuse and Poils...


Il est des jours bénis, de ceux où l'on croise sur son chemin la poésie à l'état pur!

J'en remercie le ciel, les coiffeurs et j'me sens , définitivement!




jeudi 23 mai 2013

Back in Business

Cap'tain Igloo est de retour au port (je sais ce que les mauvaise langues ont pu dire: encore parti sucer des bâtons d'esquimaux dans des contrées exotiques où embarqué, dans une nouvelle campagne de pèche à la morue en eaux troubles). Et pendant ce temps là, Musset et Pessoa, ses deux alcoolites n'ont point chômé ( qualité et quantité, respect ...).  Pour prouver à mes milliards de followers que je ne me suis point seulement doré la nouille, voici en presque exclu une petite pépite que j'ai déniché après des mois d'investigation pelligreuse : La Société (tu m'auras pas) est prête à tout pour étouffer le cri de l'artiste mais Paulo de Domoy vivra à tout jamais dans le cœur des hommes libres ( oui je sais, poil au chibre)

mercredi 22 mai 2013




      Bon, Musset de la boule et Couscoussier en pleurs ne veulent pas larguer leurs humeurs divines, du coup, me voici contraint au postage intempestif. Oui. Mais que d'excellence. Jugez plutôt, amis de la morale et de la poésie :

 


    

mercredi 8 mai 2013

Haïku du bonheur



C'est tout simple, Maldoror adorait en donner la recette aux petits enfants :



Fais ce qui te plait,
Surtout ne sois pas pris
Ni sur le fait, ni jamais !


Maldoror - J. Houplain



Bon, un petit lien sur le temps perdu à ne pas être heureux, puis dodo :


Adieu !






jeudi 18 avril 2013

Absurdément






L'absurde, c'est comme le reblochon,
On en a souvent plein les pieds
Et plus ça pue, plus c'est bon !




     En guise d'illustration, deux petites minutes de rap jazzy par un drôle de gugusse qui se fait appeler Jack Ze Rida, accompagné de son groupe philozoophique : Ze Dekonstrukted. Etrange mais de jambon :
Phil Hop by dj.PESSOA







mardi 9 avril 2013

Haïku héroïque






Il nique l'Amour, il nique la Mort,
Et il triomphe de l'Univers !
Quel héros, le poète !



Heros Poete jingle by dj.PESSOA

1'11'' de démangeaisons poétales : de quoi se dérider le scrotal.




mardi 2 avril 2013


         Sixième épisode : descendez voie 12 !

 

 

Et c’est ce que vous saurez dans un prochain épisode…

 

 

 

Il fallait s’y attendre ; tenté de se fondre dans cette surréalité qu’il voudrait transcendantale, Tonton sent qu’il pourrait forcément fondre en dépression, la réalité étant souvent descendentale, même dans un avion. Ce poil lui avait donné peu d’indices, mais surtout, avec un sens de la communication inné, le bourdon, si bien qu’il décide de quitter le nid douillet où il était installé et de s’aventurer vers les parties supérieures de la créature dite de « genre  féminin » , aux dires du douanier pubien, en qui on peut par atavisme avoir confiance, et puis aussi pour se mettre au diapason du verbe, puisqu’il semble qu’il y vibre.

Par le biais du skate St Jacques à disposition auprès de la perle fessière, il skipa, boardit and climbut avec habileté sur une vague impression jusqu’à la partie supérieure de la Venus, la partie la plus noble et nubile s’entend, pour entendre, à coup sûr, entendez-moi bien, la voix des anges civilisateurs :

 

« Mesdames et Messieurs, bienvenue en Dousmanie où nous atterrirons dans quelques minutes en l’aéroport de Vech-eck. Le commandant de bord vous prie de bien vouloir mettre votre ceinture et d’attendre l’arrêt complet de l’appareil avant la descente que vous ferez par la voie 12 ».

La voie 12 ?!! Quelle voie 12 ? Comment expliquer cette soudaine incongruité ? D’abord, j’aurais bien dû me douter que cette voix mielleuse cachait des choses inavouables, des trucs pas nets, et que c’est ça ce que ça veut dire voie 12… Parce qu’y a pas de raison… Ah ! mais on m’la fera pas à moi, qui suis c’que j’suis, et sain d’esprit, et qui ne veut rien d’autre que m’entretenir avec des choses pures.

« Du calme mon garçon… "

« Oh là, qui parle ? »

« Cheveu 4413, raie 3, sillon 67, pour vous servir. »

Quel magnifique fil de soie soyeux superbe et d’or se présenta alors devant les yeux émerveillés de Tonton ! Ca dépassait l’entendement. Hein !? Keskidi ? Y dit que ça dépasse l’entendement. Excusez mais pour cette fois et pour la dernière, j’ai vidé une certaine quenouille… car je préfère la quenelle… une fois pour toutes quand elle est bien préparée. Or donc, disais-je-puisque vous suivez à peine- pris d’un vertige intérieur manifesté par cet air interdit, dont savent si mal se départir les simples, il laissa échapper son trouble dans un magnifiquement naif: Ôhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !

«Chut ! Ne criez pas ainsi dans ces lieux sacrés et ne restez pas interdit ; vous êtes en zone protégée et de ce fait mériteriez une sévère sanction de notre reine Chignon bien aimée pour violation de propriété. Néanmoins, après consultation de la Haute Autorité et parce que vous m’êtes sympathique et puis aussi parce que visiblement vous êtes là par hasard et sans capacité à nuire, je vous autorise à faire une petite visite guidée de ce complexe nommé pour les besoins de la cause complexe Beta. Nous verrons ensuite ce que nous pourrons faire de vous ».

Un certain malaise parcourut le corps évanescent mais néanmoins sensible de notre jeune candide, une menace implicite… Mais la curiosité, l’absence de plan pour l’avenir, la stupeur aussi, l’enjoignirent à répondre benoitement:

- Bien, dites-moi ce qu’il faut que je fasse, je me sens un peu démuni et étrangement ému dans cet endroit.

- C’est normal, tout le monde éprouve cela la première fois. Tout est d’ailleurs prévu à cet effet, afin que celui-ci soit immanquable. Une haute technologie qui a fait ses preuves et dont le métronome est si subtil que personne n’en a encore pu deviner le secret.

- Sauf vous peut-être ?

- Permettez que j’esquive la question.

Et il laissa glisser un billet dans la poche venteuse de Tonton, interdit pour la seconde fois. Il l’accepta cependant dans un mouvement de solidarité archaïque et spontané qu’il s’expliquait mal, et aussi par peur.

« C’est un sujet longuement débattu et qui le sera encore lorsque ce monde ne sera plus voyez-vous. Suivez-moi je vous prie ».

Notre stagiaire en entreprise de séduction demeurait comme hypnotisé par ce cheveu à la voix si hautaine et charmante à la fois, un cheveu d’ange peut-être…

« Vous pouvez apercevoir à votre droite, dans ce repli inférieur de la peau, notre nouvelle installation issue de la plus haute technologie high-cou, qui dit si peu et suggère tant, afin que l’ensemble des yeux, toujours avides, toujours aveugles, arrivent en grand nombre ici et se déversent dans ce grand récipient via ce tuyau qui les aspire habilement de l’extérieur selon un procédé ayant déjà largement fait ses preuves : l’apparition/disparition. Il serait vain de vous livrer tout le fonctionnement de ce système bien trop complexe pour votre intellect restreint et surtout sans expérience comme cela semble être votre cas, mais vous pouvez attester son efficacité. Comme vous le voyez, l’ensemble des substances agglomérés, orbites, cornées, cristallins, etc… va subir une transformation destinée à alimenter cette réserve d’énergie représentée à votre gauche par cette sorte de grand four appelé convertisseur d’ébahissement.

Tonton demeurait coi, et sans se poser trop de question sur le quand, le où et le comment, posa quand même avec prudence son regard pourquoisant sur l’espèce d’énorme masse métallique tassée aux pores qui semblait couver un feu sombre. Cette dernière était raccordée à un câblage fait de matières mi-organiques, mi-synthétiques dont il discernait mal la composition possible. Mais ce qui était sûr, c’est que ça n’était pas ragoutant, pour employer une terminologie bourgeoiso-catholique délicieusement désuète et pincée. Il crut même apercevoir au loin les ourlets encore vibrants d’une cape ou d’une tunique où était-ce une étole s’en allant au déluge ? Merde, il fallait un deuxième regard, une seconde vue, et il envoya dans un même élan Balzac et Baudelaire et Bibi au rang de la lettre B, définitivement, pour ête le seul à connaite la véité. Il en âlait le bouge.

Des émanations de contre-chant qui auraient liquéfié toutes les formes de volonté sirénaient insensiblement par des spores invisibles, et nourrissaient une bouche immense où se discernaient des happements stomachiques dont Tonton percevait douloureusement l’acidité.
C’est dire comme était l’essence parvenue de ce phonème élégiaque parcouru de tous les jappements des transis, irrémédiable, impitoyable, moussu et bulleux, un marais salaud contenant toutes les épaves des sentiments les plus grands et les plus déchirants et qui s’abouchait inéluctablement dans cet entonnoir à misères pour sortir sans doute plus tard au bout de la chaîne en boite de cœur né d’ tif. Jamais Tonton ne s’était senti aussi mal à l’aise, pressentant un horrible secret que le regard mi-sadique, mi-lassé du cheveu 4413 confirmait.  Lentement en effet, de sa camblouse fatigue, antédiluvienne et heureusement montante encore, lui revenaient pêle-mêle les échancrures falotes de cous où, dévot, il jouait l’échanson. Sur cette  portée malingre s’écrivaient encore en filigrane des notes de parfums passés et à peine surnagés sur l’océan d’un doute absurde mais terriblement présent. C’était ça l’espoir et sa panoplie de visions, sa terrasse à construire, les brumes de maisons-mères déjà déconstruites à la première pierre du souvenir. Non, il ne fallait rien attendre et très vite partir de cet endroit habité par le malheur. A l’appel de la voix civilisatrice, il prit effectivement la voie 12 et s’en fut, espérant tout de même rester le poète inaltérable et inaliénable, contrepoids de fer volatile aux anges ferreux qui chignonnaient, semblait-il, l’infini du monde avec une désinvolture et une certitude coupables.

jeudi 28 février 2013

Haïku chouette







     Chose promise, connerue due, disait Jésus Crise. Pour réconforter Musset de la Balle d'avoir trop pleuré sur mes sinistres poésies, voici un haïku chouette, avec un super accompagnement de super clochard ! Alors quoi, après ça, comment ne pas retarder son suicide de quelques ans ?



Merci la vie et merci les dieux,
Je m'ai bien régalé :
Faudra recommencer !











mardi 12 février 2013

Haïku bête






     Musset de la balle me faisait remarquer à quel point mes haïkus empestaient le misérabilisme existentiel : pourtant je suis un joyeux luron, et je tiens à rassurer mon sémillant collègue. En son honneur et en l'honneur du monde merveilleux qui nous abrite :




Que la vie est chouette !
Quand je dors pas, je fais la fête
Chez des amis ou sous ma couette !






(l'illustration en chanson dans mon prochain billet)

samedi 9 février 2013


Cinquième épisode : un poil trop près.

 

 

 

Et c’est ce que vous saurez dans le prochain épisode

 

 

 

         Tonton se dilate et se contracte comme un diable brumeux jusqu’à pénétrer la matière même du verre. Il n’a pas son pareil pour se mêler aux choses. Par sa complexion adhérente, il peut lui arriver de s’y coller, ou inversement, mais c’est un risque qu’il connaît bien et dont sa combinaison le protège un minimum. A présent à l’intérieur de la carcasse de l’appareil, c’est fascinant comme il semble buée volatile dans l’air pressurisé ; flottant gaiment parmi les allées et venues du personnel de bord et des voyageurs, il laisse ses cils et ses narines vibratiles savourer les atomes subtils des différentes créatures, quand soudain, le regard éhonté d’une mini-créature, une sorte de réplique en moins formé des créatures de l’avion, l’aperçoit, sous prétexte que les enfants ont des perceptions pures. Cheveux gras et biens coiffés, teint blême et sourire malingre, œil torve que la stupidité elle-même renierait.

 « Cet abruti malformé risque de me faire repérer », pense Tonton que l’idée de pureté enfantine ne ravit pas vraiment. Vite, sauvons-nous prestement ! Et c’est alors une séance de haute voltige miniaturisée que notre sympathique cascadeur exécute sur l’horloge céleste miniaturisée elle aussi.

Mais le moufflard d’où Tonton croyait voir au nez une coulée de morve teigneuse, n’arrêtait pas de le suivre… Où est-ce que je peux me planquer, bordel de merde, se dit-il pris d’un accès de grossièreté que la vue de ce grassouillet fouineur transpirant justifiait.

Alors, dans un moment que l’on peut assimiler à une grâce divine, il vit, à 12 heures, et c’est pas des conneries passqu’y a des témoins globulaires, une paire de jambes résillée menant l’amble, qu’il s’empressa d’investir en se disant qu’il y aurait là peut-être un quelconque intérêt. Le crapaud battit en retraite avalant par mégarde son filet de morve qui lui tint lieu dès lors de cerveau.

« C’est en dessous qu’on comprend tout », disait ma grand-mère, et même si je n’ai jamais compris ma grand-mère, elle avait sûrement des raisons de le dire. En tout cas, il y faisait étrange abat-jour sous cette robe où la réalité semblait se concentrer focale, moi qui ai dit ironiquement précédemment que la réalité était si facile à délimiter- eh bien je m’en mords les doigts- et ça se voit encore sur mes pauvres petites mains- et pis y a des soufflettes- et… Suffit ! Calme tes ardeurs… et tes remords, vieil ulcère gâteux…

Or donc, c’est plus chaud et c’est une atmosphère assez moite. Pour contenir les agitations humorales qui émanent de toute évidence de ce lieu, une pièce de tissu fine et dentelée est nécessaire qui se maintient par un système d’élastique assez complexe.  C’est assez joli et peu fiable mais je m’aperçois que ma grand-mère a raison car derrière l’apparence de blancheur immaculée (ou presque) de ce textile se terre une masse (ou se masse une terre ?!...) noire formée d’une multitude d’excroissances pileuses. « Un paradis dans une géhenne » se surprit à penser Tonton tout à coup adepte du paradoxe philosophique…

Or donc (x2), voilà t’y pas qu’une des ces productions filamenteuses se met à émerger distinctement de la forêt de ronces avec ce qui, à tout coup, ressemble fort à un haut-parleur.

-          Veuillez décliner votre identité, profession, date et lieu de naissance, s’il vous plaît, vous avez passé une frontière au mépris des conventions de jeune Eve et en contrevenant fortement au traité de Y-a l’tas !

-          Ok ,ok, c’est pas la peine de s’énerver, je suis un réfugié poétique, on peut au moins discuter du droit d’asile.

-          Pour les fous dans vot’genre, pourquoi pas si vous avez du temps à perdre, pour moi fonctionnaire territorial, vous êtes en infraction et je vais vous verbaliser.

-          Ne faites pas ça malheureux, je suis moi-même en train de le faire ! Vous seriez en sur-service.

-          Dans ce cas, et si je vous fais une fleur, le temps serait à la négociation et au dialogue.

-          Je ne vous le fais pas dire.

-          Commencez.

-          Voilà, une question me brûle les lèvres…

-          Permettez, mais n’abusez pas de ce genre de formule…

-          Excusez-moi, une question me taraude : que faites-vous là ? oui, que fais-je ici aussi ? Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ?  Où allons-nous…

-          C’est fini oui ?

-          Pardon encore. Mais moi, si je sais par quel hasard miraculeux je suis arrivé ici, vous, je me demande bien ce qui justifie votre présence de toute évidence assez ancienne.

-          On m’a dit que c’est ici que tout a commencé, alors j’ai voulu voir.

-          Et alors ?

-          Alors quoi ?

-          Alors, vous avez vu ?

-          J’ai vu que ça fonctionnait.

-          Pardon ?

-          J’ai vu que ça avait des fonctions diverses.

-          Ah !

-          Ca garde certains trucs et ça en rejette d’autres.

-          On est bien avancé avec ça.

-          Je ne vous le fais pas dire, pour reprendre une de vos formules.

-          Bon, mais y a bien des moments où y s’passe des trucs insolites, extraordinaires, une rencontre par exemple, voire une fusion magique, non ?

-          Vous voulez parler de la pénétration par l’espèce quasi-jumelle ?

-          Euh je sais pas, peut-être…

-          Je vous ai déjà dit : ça garde certains trucs et ça en rejette d’autres.

-          Mais il y a quand même bien des différences, entre ces deux espèces jumelles, et il y a peut-être un insondable mystère là dedans !

-          Des différences ?

-          Oh tout de même, on peut pas dire que ce soit la même chose.

-          Bwoh ! on peut dire comme ça, à la louche, qu’y en a un qui croit en l’autre.

-          Ah bon ? Et pas l’autre en l’un ?

-          Si, mais l’un c’est déjà deux quand on est un monde à soi tout seul… Alors l’autre…

-          Ah bon ? Il serait jaloux de l’un alors, et il l’utiliserait ?

-          Non, enfin ça arrive tout ça… et dans les deux sens, si je puis dire, mais c’est surtout que l’un considère qu’ici tout n’est pas accompli et qu’il faut chercher des causes à défendre et des gloires et des guerres à mener… saintes évidemment.

-          Evidemment. Et pas l’autre ?

-          Si, aussi, mais ça s’arrête immanquablement à sa progéniture. Peut pas faire le sacrifice sublime, ultime.

-          Ah bon ?

-          Enfin si, ça dépend, et tout ça c’est très compliqué.

-          J’avais pas remarqué…

-          Pas de sacrifice dans ce lieu alors ?

-          Mais si, mais pas le même.

-          Décidément je n’y comprends rien, et je vois pas pourquoi il y aurait problème !

-          Mais parce qu’elle est l’un et l’autre abruti, j’arrête pas d’esspliquer, y en a qu’écoutent zamais.

-          Tiens vous avez un cheveu sur la langue…

-          C’est à force de côtoyer la cyprine.

-          La quoi ?

-          Laissez tomber, admirez la vénus.

 

En effet, tandis que, depuis leur conversation, Tonton n’avait plus perçu de mouvements de déplacement, une houle tranquille comme la brise berçant de délicats embruns accompagna le vaisseau et le froissement de la dentelle couveuse avec une étrange volupté. Notre pacha s’installa confortablement au nez et à la barbe du poil retournant  peu à peu dans son bercail, ferma les yeux et imagina alors l’allure que devait avoir ce curieux navire dont les fondements recélaient tant de secrets.