La citation de la semaine

"Si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé" (attribuée à différents auteurs)

jeudi 28 février 2013

Haïku chouette







     Chose promise, connerue due, disait Jésus Crise. Pour réconforter Musset de la Balle d'avoir trop pleuré sur mes sinistres poésies, voici un haïku chouette, avec un super accompagnement de super clochard ! Alors quoi, après ça, comment ne pas retarder son suicide de quelques ans ?



Merci la vie et merci les dieux,
Je m'ai bien régalé :
Faudra recommencer !











mardi 12 février 2013

Haïku bête






     Musset de la balle me faisait remarquer à quel point mes haïkus empestaient le misérabilisme existentiel : pourtant je suis un joyeux luron, et je tiens à rassurer mon sémillant collègue. En son honneur et en l'honneur du monde merveilleux qui nous abrite :




Que la vie est chouette !
Quand je dors pas, je fais la fête
Chez des amis ou sous ma couette !






(l'illustration en chanson dans mon prochain billet)

samedi 9 février 2013


Cinquième épisode : un poil trop près.

 

 

 

Et c’est ce que vous saurez dans le prochain épisode

 

 

 

         Tonton se dilate et se contracte comme un diable brumeux jusqu’à pénétrer la matière même du verre. Il n’a pas son pareil pour se mêler aux choses. Par sa complexion adhérente, il peut lui arriver de s’y coller, ou inversement, mais c’est un risque qu’il connaît bien et dont sa combinaison le protège un minimum. A présent à l’intérieur de la carcasse de l’appareil, c’est fascinant comme il semble buée volatile dans l’air pressurisé ; flottant gaiment parmi les allées et venues du personnel de bord et des voyageurs, il laisse ses cils et ses narines vibratiles savourer les atomes subtils des différentes créatures, quand soudain, le regard éhonté d’une mini-créature, une sorte de réplique en moins formé des créatures de l’avion, l’aperçoit, sous prétexte que les enfants ont des perceptions pures. Cheveux gras et biens coiffés, teint blême et sourire malingre, œil torve que la stupidité elle-même renierait.

 « Cet abruti malformé risque de me faire repérer », pense Tonton que l’idée de pureté enfantine ne ravit pas vraiment. Vite, sauvons-nous prestement ! Et c’est alors une séance de haute voltige miniaturisée que notre sympathique cascadeur exécute sur l’horloge céleste miniaturisée elle aussi.

Mais le moufflard d’où Tonton croyait voir au nez une coulée de morve teigneuse, n’arrêtait pas de le suivre… Où est-ce que je peux me planquer, bordel de merde, se dit-il pris d’un accès de grossièreté que la vue de ce grassouillet fouineur transpirant justifiait.

Alors, dans un moment que l’on peut assimiler à une grâce divine, il vit, à 12 heures, et c’est pas des conneries passqu’y a des témoins globulaires, une paire de jambes résillée menant l’amble, qu’il s’empressa d’investir en se disant qu’il y aurait là peut-être un quelconque intérêt. Le crapaud battit en retraite avalant par mégarde son filet de morve qui lui tint lieu dès lors de cerveau.

« C’est en dessous qu’on comprend tout », disait ma grand-mère, et même si je n’ai jamais compris ma grand-mère, elle avait sûrement des raisons de le dire. En tout cas, il y faisait étrange abat-jour sous cette robe où la réalité semblait se concentrer focale, moi qui ai dit ironiquement précédemment que la réalité était si facile à délimiter- eh bien je m’en mords les doigts- et ça se voit encore sur mes pauvres petites mains- et pis y a des soufflettes- et… Suffit ! Calme tes ardeurs… et tes remords, vieil ulcère gâteux…

Or donc, c’est plus chaud et c’est une atmosphère assez moite. Pour contenir les agitations humorales qui émanent de toute évidence de ce lieu, une pièce de tissu fine et dentelée est nécessaire qui se maintient par un système d’élastique assez complexe.  C’est assez joli et peu fiable mais je m’aperçois que ma grand-mère a raison car derrière l’apparence de blancheur immaculée (ou presque) de ce textile se terre une masse (ou se masse une terre ?!...) noire formée d’une multitude d’excroissances pileuses. « Un paradis dans une géhenne » se surprit à penser Tonton tout à coup adepte du paradoxe philosophique…

Or donc (x2), voilà t’y pas qu’une des ces productions filamenteuses se met à émerger distinctement de la forêt de ronces avec ce qui, à tout coup, ressemble fort à un haut-parleur.

-          Veuillez décliner votre identité, profession, date et lieu de naissance, s’il vous plaît, vous avez passé une frontière au mépris des conventions de jeune Eve et en contrevenant fortement au traité de Y-a l’tas !

-          Ok ,ok, c’est pas la peine de s’énerver, je suis un réfugié poétique, on peut au moins discuter du droit d’asile.

-          Pour les fous dans vot’genre, pourquoi pas si vous avez du temps à perdre, pour moi fonctionnaire territorial, vous êtes en infraction et je vais vous verbaliser.

-          Ne faites pas ça malheureux, je suis moi-même en train de le faire ! Vous seriez en sur-service.

-          Dans ce cas, et si je vous fais une fleur, le temps serait à la négociation et au dialogue.

-          Je ne vous le fais pas dire.

-          Commencez.

-          Voilà, une question me brûle les lèvres…

-          Permettez, mais n’abusez pas de ce genre de formule…

-          Excusez-moi, une question me taraude : que faites-vous là ? oui, que fais-je ici aussi ? Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ?  Où allons-nous…

-          C’est fini oui ?

-          Pardon encore. Mais moi, si je sais par quel hasard miraculeux je suis arrivé ici, vous, je me demande bien ce qui justifie votre présence de toute évidence assez ancienne.

-          On m’a dit que c’est ici que tout a commencé, alors j’ai voulu voir.

-          Et alors ?

-          Alors quoi ?

-          Alors, vous avez vu ?

-          J’ai vu que ça fonctionnait.

-          Pardon ?

-          J’ai vu que ça avait des fonctions diverses.

-          Ah !

-          Ca garde certains trucs et ça en rejette d’autres.

-          On est bien avancé avec ça.

-          Je ne vous le fais pas dire, pour reprendre une de vos formules.

-          Bon, mais y a bien des moments où y s’passe des trucs insolites, extraordinaires, une rencontre par exemple, voire une fusion magique, non ?

-          Vous voulez parler de la pénétration par l’espèce quasi-jumelle ?

-          Euh je sais pas, peut-être…

-          Je vous ai déjà dit : ça garde certains trucs et ça en rejette d’autres.

-          Mais il y a quand même bien des différences, entre ces deux espèces jumelles, et il y a peut-être un insondable mystère là dedans !

-          Des différences ?

-          Oh tout de même, on peut pas dire que ce soit la même chose.

-          Bwoh ! on peut dire comme ça, à la louche, qu’y en a un qui croit en l’autre.

-          Ah bon ? Et pas l’autre en l’un ?

-          Si, mais l’un c’est déjà deux quand on est un monde à soi tout seul… Alors l’autre…

-          Ah bon ? Il serait jaloux de l’un alors, et il l’utiliserait ?

-          Non, enfin ça arrive tout ça… et dans les deux sens, si je puis dire, mais c’est surtout que l’un considère qu’ici tout n’est pas accompli et qu’il faut chercher des causes à défendre et des gloires et des guerres à mener… saintes évidemment.

-          Evidemment. Et pas l’autre ?

-          Si, aussi, mais ça s’arrête immanquablement à sa progéniture. Peut pas faire le sacrifice sublime, ultime.

-          Ah bon ?

-          Enfin si, ça dépend, et tout ça c’est très compliqué.

-          J’avais pas remarqué…

-          Pas de sacrifice dans ce lieu alors ?

-          Mais si, mais pas le même.

-          Décidément je n’y comprends rien, et je vois pas pourquoi il y aurait problème !

-          Mais parce qu’elle est l’un et l’autre abruti, j’arrête pas d’esspliquer, y en a qu’écoutent zamais.

-          Tiens vous avez un cheveu sur la langue…

-          C’est à force de côtoyer la cyprine.

-          La quoi ?

-          Laissez tomber, admirez la vénus.

 

En effet, tandis que, depuis leur conversation, Tonton n’avait plus perçu de mouvements de déplacement, une houle tranquille comme la brise berçant de délicats embruns accompagna le vaisseau et le froissement de la dentelle couveuse avec une étrange volupté. Notre pacha s’installa confortablement au nez et à la barbe du poil retournant  peu à peu dans son bercail, ferma les yeux et imagina alors l’allure que devait avoir ce curieux navire dont les fondements recélaient tant de secrets.

dimanche 3 février 2013

Quatrième épisode : In vitro very tasse.



Et c’est ce que vous saurez dans le prochain épisode…

Tonton est un personnage, non ? En tout cas, on a vu qu’il est flexible et modelable, pas comme dans la vie réelle, vie réelle si facile à comprendre et à délimiter. Et ceux dans l’avion ? Sont-ce des personnages ? Ils ne semblent pas le croire. Et vous ? Je vais donc laisser à notre petite voix du moment le soin de dire sa vérité sur ce qu’il voit à travers le hublot, en espérant qu’il ne s’offusque pas trop ou pire ne se rebelle de ma suffisance mielleuse… et de votre incrédulité lassée.

Accolé amoureusement au hublot, tassé contre le sucre-glace de la vitre, Tonton abaissa devant ses yeux son scanner-frangipane pour mieux goûter au tableau de genre qui s’offrait à lui.

Des ombres de crèche nazaréenne et d’antiques scènes rituelles aux rois et figurines de pâtisserie semblaient d’abord immobiles. Mais en ajustant les paramètres de son scanner, il vit que certains s’animaient, que des bras s’ouvraient vers l’extérieur, se repliaient selon des causes peu décelables, que les jambes de ces sujets trépignaient, s’écartaient pour des raisons inconscientes, peut-être même maladives, et la foule de ces mouvements formait comme les interminables coups de griffes d’une bête aux abois ou comme les gestes sûrs d’un peintre halluciné sur un tableau invisible. Lenteur, beauté, cruauté, acidité, suavité, se mêlaient au chant étrange des réacteurs, chœur d’une inconcevable unité. Aperture, altération des bouches et de l’ensemble des orifices visibles et invisibles, inlassable tricotage et détricotage des doigts nerveux, anxieux, crispés sur le ventre ou sur le bras du trône de quelques heures tels les rouages inéluctables de parfaits automates. Certains gardaient les yeux et la bouche fermés comme pour conjurer par un sommeil oublieux l’incroyable vérité sur la situation et sur l’altitude, d’où semblait-il, la carcasse fragile de la créature ne supporterait pas la chute brutale, ni même la dépressurisation en cas d’éventuelle ouverture de la structure de l’appareil. Le scanner avait ainsi détecté la matière essentiellement sucrée et friable qui composait et pénétrait cette multitude bigarrée mue par un mécanisme invisible au vu des lèvres qui s’agitaient, se touchaient parfois en poissons-guimauve frétillants et cherchant l’issue, au vu des oeillades mêmes, où de secrètes lois d’attraction et une science du temps et du placement rendaient inexorables la présence des choses.

Décidé à aller plus loin dans l’investigation, Tonton sortit ses excroissances auditives en cornet de glace (vanille/fraise) qu’il ventousa sur la vitre. Et ce fut un concert bien étrange que produisit ce studio haut-perché : comme de loin, par la loi de la pression, venaient à lui, tendres et convulsifs, des rires d’enfants de plage perdus dans l’immensité d’un vide clos, des bribes de paroles où poignaient les modulations de diverses émotions d’abord insolemment présentes et aussitôt remplacées par d’autres tout aussi peu survivantes. Plus loin encore, par la pièce de chocolat qui lui servait de troisième œil au milieu du front, se percevaient les vibrations sages de quelques yeux penchés sur des pages remplies d’autres mots d’où émanait une lumière douce et muette ; et puis parfois même aussi, comme une ultime raillerie, l’éclat silencieux d’un rire lucide se détachant en rayon d’une rétine. Tout était si artisanalement dessiné que sa dernière analyse panoramique lui fit comprendre que même le sourire évasif errant sur ses masques telle la ligne décorative d’un bonbon, était l’empreinte acidulée des souvenirs : ô, se surprit-il à penser, chers arlequins enrubannés, tout vous est souvenir alors, le pire comme le meilleur, et quand vous avez fini d’être sucé, tout disparaît... hormis peut-être, pour l’effroyable mâchoire à la langue à jamais inassouvie, avide, absconse, le goût de sucer indéfiniment. Et pour vous, friandises,  l’illusion d’avoir cru être infiniment sucée. Que la mâchoire devienne bonbon ou inversement reste l’apanage de quelques rares spécimens intuitifs…

Ainsi cette exquise sculpture pâtissière, avec plus ou moins de barbe et de cheveux, travaillait-elle donc à sa survie en remplissant des rôles qu’elle croyait tenir d’elle-même, et, après bien des traumatisses, des révoltes et des choumissions, finirait par se fondre au sale Umo. Oui tu sortiras de ta condition animale primaire, oui tu construiras de beaux Babels, oui tu lutteras pour un jour meilleur et pour entrer dans l’épopée dont tu rêves, et oui, comme Roland sortant d’une boulangerie, tu sonneras du croissant pour ton péan sucré.

Sur ces réflexions amènes, il vit défiler de jolis uniformes poussant des espèces de chariots contenant de la nourriture…Miam !


MDLB

Haikuviruss







Bienheureux l'habens minus
Qui s'oreille infinitus
Un rétroviruss



Jingle Retroviruss by dj.PESSOA

Une curiosité sonore trouvée sur le répondeur téléphonique du blog