La citation de la semaine

"Si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé" (attribuée à différents auteurs)

dimanche 16 décembre 2012

Feuilleton de la semaine



Les aventures de Tonton la riflette 


 Premier épisode : Césarienne à l’évier, dans la douleur et la saleté.


Et c’est ce que vous saurez dans le prochain épisode… Oui, ça commencera toujours comme ça. Autant l’admettre.

     La vaisselle s’accumule dans ce boui-boui aux âcres fermentations. L’évier accueille sans réserve le tout à ragoût des ustensiles aux salissures rances. Alors que, comme à l’accoutumé,  je frotte consciencieusement l’inoxydable pureté originelle après décomposition des couches premières et récupération in extremis des essences non examinables au microscope, il advient, improbable mais vrai, d’une houle huileuse aux amibes discursives, que naît, sous ma main coquillage, une excroissance exsangue dans l’espace exigu de mon exogamie, et pas xa, le plus inénarrable des phénomènes sensibles, le plus épidermique des concepts abusifs, la véritable croix de doigt posée sur la morpionnaire bouche d’ombre : un être que j’appelle de suite dans l’intuition du moment : Tonton la riflette.
     Pourquoi Tonton la riflette ? Pourquoi Tonton et pas Tata ou Toto ? Pourquoi la riflette et pas la riflotte ou la rifloutte ? Qui est finalement Tonton la riflette ou qu’est-ce que Tonton la riflette ?
     Ces questions méritent examen et surtout atermoiement.
     Vous permettrez donc que les mots, pour l’instant, comme autant de sutures d’un patient fragile, laissent seulement voir les fils grossiers de quelques cicatrices dont la délicatesse, pour les plus esthètes d’entre vous, ne peut qu’ouvrir aux perspectives les plus audacieuses du raffinement anatomique et, par voie de conséquence, aux considérations les plus extrêmes en termes esthétiques, éthiques, philosophiques, politiques, entropiques… voyez comme j’en ai le hoquet.
     Car c’est pas l’tout mais y a des sacrées putains de vraies autres questions à se poser, merde, et pas : Qui est-il ? d’où venait il ? Qui était sa mère ? Où allait-il ? Mais bien :
Que reste-t-il des interminables Cênes ? Du sable accumulé dans les coffres ? Des haleines ailées ? Et de celles qui ne se sont pas encore posées ?
     Un poème aux eaux usées auquel Notre Sainte Mer laveuse amère ayant l’amour en partage et le silence profond des cathédralgues pour souvenir, vous donne ainsi la mesure de la venue tout autant indiscutable, enchanteresse et épouvantable que pertubatrice, bonhomme et attendue de cette créature d’un genre nouveau.
     De ce fait, notre nouveau-né n’aura d’autre choix que de découvrir la bio-diversité, parcourant de son œil bleu lavasse, toute la géométrie complexe des dimensions de notre monde, et tentant, grand bien lui fasse, d’en pénétrer les eaux lustrales…

     Mussetdelaballe

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