La citation de la semaine

"Si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé" (attribuée à différents auteurs)

mercredi 9 janvier 2013

Le feuilleton, deuxième épisode : un siphon fond, fond.


     Ainsi descendait lentement Tonton dans le siphon d’abondance, tel une bouée perdue, se propulsant et s’agrippant aux conduits grâce à ses deux nageailes (une association heureuse de nageoires et d’ailes) à peine écloses. Contemplant sur les noirs abîmes les camaïeux étranges et mouvants que dessinaient les eaux grasses, écran de veille douteux aux lentes animations multicolores, il demeurait dans une songerie morne et résignée s’harmonisant paisiblement à l’irrémédiable enlisement.
     Mais tout à coup, alors que rien ne prédisposait à une quelconque réaction, il accrocha puis chevaucha hardiment un convoi hétéroclite et conglomérant de débris de cheveux truffés aux pépites d’ongles et aux diverses textures mêlées qui cherchait tant bien que mal une voie d’évacuation. Cravachant alors crânement le lent mais indomptable serpent ménager, il parvint, après d’innombrables circonvolutions, au fin fond des égouts de la ville où il échoua, ô surprise, sur une nappe de ciel bleu azur parsemée d étoiles merveilleuses.
     Dans ce firmament ineffable, se distinguait, reflété, tout un paysage d’une beauté confondante : rivières d’or et d’argent tintinnabulantes, arbres nobles dansant lentement sous la houle d’un vent clément, prairies insouciantes aux herbes douces et vives, fleurs étranges aux parfums subtils et entêtants, quelque chose d’un incroyable bonheur éternel.
     Bizarrement absorbé et confiant, il y fit un lit de fortune, replia consciencieusement ses nageailes, et s’enfonça dans les splendeurs éclatantes d’un rêve ithytphalle…

MDLB

1 commentaire:

  1. Va falloir trouver une présentation digne de notre rétro-Musset, merdre alors !

    Je veux un fond parchemin, une police élégante (Vinci par exemple), une justification des paragraphes rigoureuse, et un référencement pratique pour tout lire du début à la fin dans le confort et la langueur, bordel !

    Sinon chapeau pour "ithytphalle" qui m'oblige à défoncer mon neurone.

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