Ainsi descendait lentement Tonton dans le
siphon d’abondance, tel une bouée perdue, se propulsant et s’agrippant aux
conduits grâce à ses deux nageailes (une association heureuse de nageoires et
d’ailes) à peine écloses. Contemplant sur les noirs abîmes les camaïeux
étranges et mouvants que dessinaient les eaux grasses, écran de veille douteux aux
lentes animations multicolores, il demeurait dans une songerie morne et
résignée s’harmonisant paisiblement à l’irrémédiable enlisement.
Mais tout à coup, alors que rien ne
prédisposait à une quelconque réaction, il accrocha puis chevaucha hardiment un
convoi hétéroclite et conglomérant de débris de cheveux truffés aux pépites
d’ongles et aux diverses textures mêlées qui cherchait tant bien que mal une
voie d’évacuation. Cravachant alors crânement le lent mais indomptable serpent
ménager, il parvint, après d’innombrables circonvolutions, au fin fond des
égouts de la ville où il échoua, ô surprise, sur une nappe de ciel bleu azur
parsemée d étoiles merveilleuses.
Dans ce firmament ineffable, se distinguait,
reflété, tout un paysage d’une beauté confondante : rivières d’or et
d’argent tintinnabulantes, arbres nobles dansant lentement sous la houle d’un
vent clément, prairies insouciantes aux herbes douces et vives, fleurs étranges
aux parfums subtils et entêtants, quelque chose d’un incroyable bonheur
éternel.
Bizarrement absorbé et confiant, il y fit un
lit de fortune, replia consciencieusement ses nageailes, et s’enfonça dans les
splendeurs éclatantes d’un rêve ithytphalle…
MDLB
MDLB
Va falloir trouver une présentation digne de notre rétro-Musset, merdre alors !
RépondreSupprimerJe veux un fond parchemin, une police élégante (Vinci par exemple), une justification des paragraphes rigoureuse, et un référencement pratique pour tout lire du début à la fin dans le confort et la langueur, bordel !
Sinon chapeau pour "ithytphalle" qui m'oblige à défoncer mon neurone.